L’obsolescence programmée, le fléau de nos technologies

C’est en constatant l’autonomie diminuée de mon iPhone 6s Plus que j’ai eu envie de vous parler de l’obsolescence programmée.

En effet, acquis il y a un an seulement, c’est un modèle que j’ai choisi pour ses multiples qualités, comme sa qualité photo, son bel écran de taille parfaite mais également pour sa batterie qui offre une autonomie remarquable de deux jours voire plus selon l’utilisation, bien supérieure à celle du 6s classique.

Très satisfait, je remarquais depuis quelques temps des défaillances de celle-ci pour finalement constater au bout d’un an que les capacités de la batterie sont quasiment divisées par 2… ou plus. Cela dépend des jours et de mon utilisation.

Car le problème est remarqué même en « faisant attention », avec une luminosité basse, peu d’applications activées en arrière-plan, et même en supprimant le push des mails.

Une simple navigation web fait baisser la jauge à une vitesse inquiétante, tellement inquiétante qu’il faut désormais penser à toujours garder le maximum de charge en cas de recharge non disponible sous la main pendant plusieurs heures.

Quelques photos, quelques minutes sur Twitter et sur le web suffisent à grignoter 25% de batterie en moins de quatre heures. Certains trouveront cela suffisant, d’autres constatent comme moi chaque jour la fatigue grandissante de leur mobile.

Car ce problème ne touche bien sûr pas que l’iPhone mais quasiment tous les mobiles du marché. Mais c’est d’autant plus agaçant lorsque l’on possède un mobile qui vante son autonomie hors du commun. J’ai pu ainsi constater la maigre autonomie du 6s, mais plus compréhensible au vu de la capacité limitée de la batterie.

Excellente autonomie, mais pour combien de temps ?

Ce constat s’étend encore plus quand on intègre tous les objets qui nous entourent au quotidien, comme les télévisions ou les machines à laver. Tous les objets contenant un minimum d’électronique.

Certains diront que le phénomène est bien connu depuis longtemps, et que les fabricants font en sorte de « programmer » les défaillances pour s’assurer d’une nouvelle acquisition bénéfique pour leurs finances, que ce soit par le biais d’une programmation mécanique (pièce usée, mal montée…) ou électronique (programmation pour que ça « rende l’âme » bien plus tôt que promis).

Deux versions d’iPad

Une bonne idée de la part des fabricants pour augmenter le taux de remplacement suite à des durées de vies réduites volontairement. Une mauvaise idée hypocrite pour le consommateur qui en paye les conséquences.

On peut réellement se poser cette question suite à certaines fins de vies technologiques trop précoces. N’hésitez pas à donner votre avis à ce propos dans les commentaires. Heureusement, on constate également à l’opposé des durées de vies très correctes pour certains produits.

Hormis cette obsolescence volontaire de type « défaillance », je constate deux autres formes d’obsolescence programmée. Inévitablement, le fabricant en crée une autre (volontairement ou pas) via les caractéristiques mêmes de l’appareil qui le rendront plus ou moins durables et compétitif face à la concurrence. La dernière forme concerne l’obsolescence relative que chacun applique aux produits.

En effet, il n’est pas rare de voir de « nouveaux » ordinateurs sortir sur le marché avec une fiche technique obsolète, due notamment à un composant totalement dépassé qui plombe la symbiose entre Processeur – RAM – Carte Graphique, et qui rend l’expérience utilisateur très inconfortable. Ce phénomène était fréquent il y a quelques années pour réduire considérablement le coût des machines et biaiser les acheteurs peu informés.

iMac 21,5″ qui tourne comme une horloge, 7 ans après son achat

De même, la fréquence insolente de renouvellements de gammes chez certains constructeurs rend les produits obsolètes bien avant l’heure, incitant les possesseurs à changer alors que l’appareil pourrait « durer » bien plus longtemps.

Pousser l’utilisateur à ne plus se contenter

Justement, l’obsolescence relative est créée par les nouveaux besoins que nous confectionnent sans cesse les constructeurs. Changer de mobile chaque année, de tablettes, ou d’ordinateurs sont devenus des actions classiques pour avoir « toujours le plus rapide, toujours le dernier cri ».

Certains vont à l’encontre de ces habitudes pour effectuer des achats « réfléchis ». J’entends par ce terme des acquisitions évaluées en fonction des besoins de l’utilisateur, pour acheter LE produit idéal qui durera longtemps, sans participer forcément à la course à la nouveauté.

Cela est une excellente chose pour avoir un setup adapté et mieux exploité, en oubliant l’idée d’avoir le nec plus ultra pour au final n’en utiliser que 5% des capacités.

Ainsi l’autonomie de nos mobiles efficace pendant seulement un an n’est-elle pas une forme d’obsolescence ? Ou alors n’est-elle qu’une preuve de l’incapacité de la part des fabricants d’intégrer des composants fiables et durables. Voire de l’impossibilité technique à l’heure actuelle.

En attendant, et heureusement, certains produits s’avèrent assez fiables et durent dans le temps. Ce qui va de paire avec cette idée d’achat durable.

Il n’est pas rare de voir certains possesseurs de Mac les utiliser toujours parfaitement de nombreuses années après leur achat (je prends l’exemple de mon iMac 21,5″ qui tourne parfaitement, comme au premier jour, 7 ans après). Il n’est également pas rare de voir des anciens iPhone (ou d’autres mobiles et PC) fonctionner toujours, quoi que parfois ralentis, mais toujours utilisables.

L’obsolescence à ce niveau intervient également quand le constructeur stoppent les mises à jour pour un modèle, pour limiter le possesseur à une version donnée du système, et l’inciter à changer à court ou moyen terme pour « avoir droit » aux dernières mises à jour et aux dernières nouveautés, ou plutôt devrais-je dire l’obliger inexorablement à changer un jour ou l’autre pour une raison X ou Y (dernière MAJ logicielle, autonomie médiocre…) pour justement ne plus laisser le choix.

Un vaste débat qui soulève de nombreuses questions pour une notion finalement omniprésente dans notre quotidien, à travers toute l’électronique qui nous entoure. Un phénomène sociétal également, qui n’est que le reflet d’une conception économique… pas très écologique.

Certains penseront peut-être au lave-vaisselle des grands-parents qui fonctionnent parfaitement trente ans après. Normal, ou exceptionnel ?

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